
Vingt et un Egyptiens accusés d'homosexualité condamnés à la prison
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Vingt-un Egyptiens ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Qasr el-Nil au Caire pour s'être "adonnés à la luxure", alors que 29 autres ont été acquittés faute de preuves, selon des sources judiciaires. Actuellement en liberté, les condamnés n'étaient pas présents au tribunal et ont la possibilité de faire appel et l'appel est suspensif de la peine, a-t-on indiqué de mêmes sources.
"La plupart des personnes ont été condamnées sans preuves. Le juge a rendu sa sentence sans entendre la défense", a déclaré Me Ahmad Saif al-Islam Hamad, directeur du Centre Hicham Moubarak pour la justice et l'un des avocats de la défense. Les condamnés feront appel, a-t-il ajouté.
Me Hamad a indiqué que la défense avait demandé d'interroger comme témoin l'officier de police responsable de l'arrestation de la plupart des jeunes gens, mais que ce dernier ne s'était pas présenté devant le tribunal. Le juge a rendu son verdict sans attendre, selon lui. Un autre avocat de la défense, Badaoui Abdel Hamid, a précisé que les vingt et un Egyptiens avaient été condamnés "à la peine maximale pour les délits, qui est de trois ans".
L'homosexualité ne figure pas parmi les crimes sexuels évoqués explicitement par la loi égyptienne fondée sur la charia (loi islamique). Mais plusieurs législations sanctionnant les atteintes aux bonnes moeurs peuvent s'y appliquer, à condition que de tels actes soient prouvés. Il s'agit du deuxième procès pour ces jeunes gens âgés entre 20 et 35 ans, dont la plupart avaient été arrêtés le 11 mai 2001 au Caire sur un bateau transformé en boîte de nuit, le "Queen Boat".
Les jeunes gens, qui ont toujours plaidé non coupables, avaient d'abord comparu devant la Haute cour de sûreté de l'Etat. Ce tribunal d'exception avait condamné, en novembre 2001, vingt et un des accusés à des peines allant d'un à deux ans de prison ferme, alors que vingt neuf avaient été acquittés. Deux autres accusés avaient été condamnés à 3 et 5 ans de prison pour "mépris de la religion".
Cependant, en mai 2002, le président Hosni Moubarak, seul habilité à confirmer ou annuler les jugements de la Haute cour, avait confirmé les peines des deux hommes, mais cassé le jugement sur les cinquante autres cas et renvoyé l'affaire à la justice ordinaire. Dès son ouverture, le 18 juillet 2001, le premier procès de ces Egyptiens avait provoqué l'indignation d'associations homosexuelles ou de défense des droits de l'Homme notamment en Suisse, en France et aux Etats-Unis.
Amnesty International était intervenue à deux reprises pour demander la libération des prévenus, l'ouverture d'une enquête sur des allégations de torture pendant leur détention, et le respect du droit à vivre librement sa sexualité en Egypte.
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