
Here follows a report in French on the excellent and highly informative site kelma.org. To access Kelma.org you can use the link at the bottom of the page.
L'affaire des 52 Egyptiens - by Don Aziz.
52 hommes sont actuellement jugés en Egypte parce qu'ils sont soupçonnés d'avoir eu des relations homosexuelles.
Kelma recommande à ses internautes de ne pas se rendre en Egypte, à la fois pour assurer leur sécurité et pour ne pas cautionner l'attitude homophobe de la justice égyptienne, et demande au ministère des Affaires Etrangères de prévenir les touristes français gays des risques qu'ils encourent.
Le tribunal correctionnel de la Haute Cour de sûreté égyptienne jugent en ce moment 52 hommes. Tous de nationalité égyptienne, ils ont été arrêtés en mai dernier sur un bateau au Caire, et sont accusés d'avoir eu des relations homosexuelles. Ils risquent trois ans de prison.
Deux des hommes sont accusés "d'exploiter la religion musulmane pour propager des idées extrémistes, d'introduire des modifications aux versets du Coran afin de mépriser les religions monothéistes et le prophète Mahomet, d'inventer un mode de prière différent de la prière musulmane".
Tous sont accusés de "faire des pratiques homosexuelles un principe fondamental de leur groupe afin de créer des dissensions sociales, et de s'être adonnés à la débauche avec des hommes".
De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce qui apparaît comme un moyen de détourner l'attention des égyptiens des problèmes économiques que connaît actuellement le pays.
Amnesty International a appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de ces hommes qu'elle considère comme des prisonniers de consciences, arrêtés uniquement en raison de leur orientation sexuelle supposée. Elle s'inquiète des mauvais traitement, voire des tortures, qu'ils auraient subi.
Plusieurs organisations non gouvernementales ont manifesté à Genève, devant la Palais des Nations Unies, pour dénoncer cette arrestation et demander une intervention de la sous-commission des droits de l'Homme de l'ONU.
35 parlementaires américains ont écrit au président égyptien Moubarak pour critiquer cette arrestation, et lui rappeler le montant de l'aide accordée à l'Egypte par les Etats-Unis, en précisant que de nombreux contribuables américains sont gays et lesbiennes.
En France comme au Royaume-Uni, les ministères des Affaires Etrangères proposent sur leurs sites Internet respectifs des conseils aux voyageurs, pays par pays, et recommandent de ne pas se rendre dans certains pays en fonction des événements.
Ni le ministère français, ni le ministère anglais n'ont modifié leur fiche sur l'Egypte suite à cette arrestation et à ce procès très critiques et qui ont été évoqués par de nombreux médias à travers le monde.
Des étrangers ayant été arrêtés lors de la descente de police sur le bateau égyptiens, et même s'ils ont été relâchés, les événements en Egypte prouvent que les touristes gays et lesbiennes courent aujourd'hui un risque à se rendre en Egypte.
Nous incitons nos internautes français et anglais, et de toutes celles et ceux qui se sentent concernés par l'arrestation et le procès des 52 Egyptiens, à contacter leur ministère des Affaires étrangères, et à reporter un éventuel voyage en Egypte pour manifester leur désaccord avec cette atteinte aux droits de l'Homme.
Il n'est pas possible d'envoyer directement un email au ministère, mais vous pouvez nous écrire, et nous transmettrons vos courriers au ministère.
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Ecrire à l'ambassade de France en Egypte : ambcaire@diplo-france.org.eg
Les conseils concernent l'Egypte sur le site du ministère français des Affaires étrangères.
La campagne de presse égyptienne pose des questions qui préoccupent : l'homosexualité perversion importée d'occident, comportement interdit par les religions révélées et honnie par les peuples, arme des ennemis des arabes et des musulmans …
La campagne de défense des accusés par Gay Egypt (Grande Bretagne) et Al Fatiha (USA) est impressionnante, la couverture de presse aussi, du coup le quasi silence en France n'en est que plus terrifiant ; à la fois parce que la France connaît une importante population arabo-musulmane, mais aussi parce que les liens avec l'Égypte sont très forts. Cette campagne pose quelques questions : -Quel type d'action (manifestations, lettres, e-mail, pétitions, pressions sur les média… appel au boycott touristique ?) -Est-il juste de défendre les " 52 homosexuels détenus " quand il semble que certaines des personnes arrêtées ne sont pas homosexuelles, et que certains prévenus (sinon tous) plaideront qu'ils ne sont pas homosexuels, peut-on faire dans cette terrible situation leur " outing " malgré eux ?
Une manifestation, pour protester contre le procès du Caire (52 Egyptiens gais jugés par une cour de sûreté) sera organisée le mercredi 5 septembre à partir de 17h30 heures devant l'ambassade d'Egypte, 56 avenue d'Iena à Paris, à l'appel des associations.
Par Don Aziz.
Au Caire le procès de 52 personnes accusées d'homosexualité Article de l'hebdomadaire égyptien Al-Ahram : " C'est l'éthique qui est en jeu ", trouvé sur le Site GAYEGYPT "
C'est l'éthique qui est en jeu " par Rana Allam (traduction de l'anglais) par DON AZIZ
Le procès controversé d'un groupe d'hommes, tous jeunes, accusés de dénigrer la religion et de s'adonner à des pratiques sexuelles immorales, soulève des inquiétudes quant aux droits de l'homme et à la violation du code éthique de la presse.
Après l'ouverture tumultueuse, le 18 juillet, du procès de 52 hommes accusés de se moquer de la religion et de s'adonner à des pratiques sexuelles immorales, le juge a reporté les auditions au 15 août . Cette affaire est jugée devant un tribunal de la Cour de Sécurité de l'État, mise en place dans le cadre des Lois de l'État d'Urgence, état qui a été décrété en 1981 à la suite de l'assassinat du Président Anouar El-Sadate. Il n'est pas possible de faire appel des décisions de cette juridiction .
ARRESTATION - DETENTION - AUDITION
Les prévenus ont été arrêtés le 11 mai au cours d'une descente de police dans un bar-restaurant installé sur un bateau , ils ont été tenus au secret pendant plusieurs semaines. Les premiers articles de la presse égyptienne indiquaient qu'il s'y déroulait des " mariages gais ", des orgies et des séances d'un culte satanique.
Le procès s'est ouvert au tribunal d'Abin dans le centre du Caire. Des centaines de personnes, des journalistes, les avocats et les familles des prévenus s'étaient amassées à l'extérieur du tribunal. Seuls les avocats et les journalistes avaient été autorisés à pénétrer dans la petite salle du tribunal, beaucoup de parents s'étaient glissés à l'intérieur et se lamentaient à tue-tête de n'avoir pas vu leurs enfants depuis des semaines.
Les prévenus sont apparus menottés, vêtus de T-shirts blancs, le visage caché par un mouchoir. Une fois tous assis, entourés par les hommes du service de sécurité, ils occupaient la moitié de la salle, l'autre moitié était bondée. C'est au milieu des cris, des sanglots des familles et des prévenus que le juge a lu les charges qui pèsent sur les accusés. Les prévenus ont décidé de plaider non coupable.
La situation dans la salle du tribunal était chaotique. Les familles des prévenus insultaient journalistes et les photographes, elle les ont agressés physiquement leur reprochant d'avoir " détruit " leur réputation et leur vie quotidienne.
Après que l'audience fut ajournée, les prévenus ont été poussés vers un camion de la police tandis que leurs familles les suivaient en courant, jusqu'à ce qu'ils disparaissent de leur vue.
L'avocat spécialiste des droits de l'homme, Taher Abdul-Nasr a fait savoir que le juge avait demandé que le Ministère de la Justice lui alloue une salle plus grande pour que le chaos de cette première séance ne se reproduise pas .
QUEL DELIT ?
Des témoins directs, qui se trouvaient sur le Queen Boat au moment des arrestations affirment que certains des prévenus sont hétérosexuels. Au cours de la première audition devant le tribunal d'Abin, un prévenu a déclaré qu'on l'avait arrêté dans la rue, un autre qu'il n'y avait " aucune preuve ", un troisième que " ça n'avait jamais eu lieu ! "
Les détenus ont subi des examens médicaux… " qui prouvent que mon client ne prenait pas part à des activités homosexuelles " a rapporté l'avocat du premier accusé, ajoutant que son client suivait un traitement psychiatrique depuis 1992.
Le délit de dénigrement de la religion est normalement jugé devant les tribunaux de la Cour de Sécurité de l'État. Dans cette affaire seuls deux des 52 prévenus sont accusés de ce délit, ils risquent une peine maximum de cinq ans de prison. " Le reste du groupe est accusé de la classique débauche entre hommes, ce qui relève des tribunaux civils " commente l'avocat Taher Abdul-Nasr. "
Cette affaire est surréaliste " a déclaré Farid El-Dib, leader du groupe des avocats de la défense. " La loi punit la pratique de la débauche lorsqu'elle est une 'habitude', mais dans cette affaire il n'y a aucune preuve de l'habitude ". Par " habitude ", il faut entendre selon la loi " la pratique répétée d'un acte dans différents lieux avec des personnes différentes ".
LES DROITS DES PREVENUS
" Nous avons demandé et voulu représenter les prévenus, mais cela a été impossible " a regretté l'avocat Bassem Abdel-Rahman. Jusqu'à l'ouverture du procès les avocats n'ont pas été informés officiellement des charges retenues contre leurs clients. " Nous avions une vague idée, mais rien d'officiel " a déclaré cet avocat quelques minutes avant l'ouverture de l'audience. "
Dans cette affaire le dossier fait près de 1000 pages, nous avons eu peu de temps pour l'étudier et pour préparer la défense de nos clients " ajoute Taher Abul-Nasr. Des militants et des avocats engagés dans la lutte pour la défense des droits de l'homme s'interrogent sur les raisons de la longueur de la détention des prévenus, sur celles du report des séances du tribunal et sur le choix d'une juridiction d'exception : la cour de Sécurité de l'État. "
Notre inquiétude première est que le droit à un procès équitable soit effectivement respecté " dit Hany Megally, un des responsables pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord de l'Observatoire des Droits de l'Homme. " Il n'y a pas de loi contre l'homosexualité en Égypte ; notre but est le respect de la loi et la protection des droits de l'homme " poursuit-il " Tout ce que nous pouvons demander c'est la présence d'observateurs étrangers" .
L'ATTITUDE DE LA PRESSE
Dans cette affaire le principe qui veut qu'un accusé soit considéré comme innocent tant qu'il n'est pas prouvé coupable semble avoir échappé à des pans entiers de la presse égyptienne . Selon Yehia Qallash, secrétaire-général du Syndicat de la Presse, si on a fait si peu de cas de la présomption d'innocence c'est parce que en Égypte " l'aversion pour l'homosexualité est traditionnelle et profondément enracinée ". Il a ajouté que " même les coupables devraient pouvoir bénéficier d'un procès équitable et de quelques droits élémentaires ". Certains journaux ont publié le nom, l'âge, et indiqué le lieu de travail des prévenus, rendant la vie de leurs familles difficile .
Le Code Éthique du Syndicat de la Presse spécifie clairement que " les journalistes doivent s'interdire la publication d'informations sur un délit, sur une enquête civile, sur un procès avec l'intention d'influer sur le déroulement de la procédure ". Et aussi " qu'un journaliste n'a pas le droit de publier les noms ni les photos de prévenus, ni de mineurs coupables ". La vie privée doit être protégée. " Ce qui s'est passé est une violation flagrante du Code Éthique et cela doit cesser " reconnaît le secrétaire-général du Syndicat de la Presse La presse égyptienne a réagi avec colère aux déclarations d'Amnesty International et de l'Observatoire des Droits de l'Homme faisant part de leur " profonde inquiétude à la suite de la détention d'hommes à cause de leurs orientations sexuelles ". Certains journaux ont accusé les deux organisations de se mêler des affaires intérieures de l'Égypte et de vouloir imposer leurs valeurs à la culture égyptienne .
Rana Allam Al-Ahram Hebdo 26 juillet - 1er août 2001 - No.544 traduction Don Aziz pour Kelma N.B -On trouvera sur cette affaire des informations détaillées (en anglais), des photos, des témoignages, une abondante revue de la presse égyptienne -en anglais et en arabe - et de la presse mondiale, sur le site égyptien c'est sur ce site que nous avons trouvé cet article dans sa version anglaise d'origine ainsi que l'essentiel des sources utilisées pour écrire les notes qui l'accompagnent. -On peut se reporter à l'excellent article publié, avec quelque lenteur, par Le Monde dans son édition papier datée du 17 août, disponible sur le site internet de ce quotidien, à la date du 16 août !
Quant à la campagne de protestation aux États Unis et dans le monde (sauf en France ?) elle est animée par Amnesty International et du côté des gais musulmans par l'extraordinaire association américaine Al Fatiha
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